Le mardi 20 octobre 2026
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Nouvelle étude de l'Institut du Québec - Couper dans l'état ne suffira pas, le Québec a besoin de plus de travailleurs et des emplois de qualité

20 octobre 2026

Hausser le taux d'emploi, accroître l'immigration et améliorer la productivité : le gouvernement récemment élu devra s'attaquer à ces trois leviers de croissance économique pour que les revenus de l'État suivent le rythme des dépenses à long terme, révèle une nouvelle étude de l'Institut du Québec (IDQ). Le gouvernement s'est engagé à éliminer le déficit budgétaire d'ici 2030, principalement en freinant la croissance des dépenses. Mais même atteint, cet équilibre risque d'être de courte durée : sans nouvelles compressions après 2030, les dépenses recommenceraient à croître plus vite que les revenus et les déficits réapparaîtraient.

« Le Québec ne pourra pas équilibrer durablement ses finances uniquement en coupant. L'équilibre budgétaire doit être le point de départ d'une véritable vision : faire croître l'économie pour faire croître nos revenus. Nos analyses montrent que l'élargissement du bassin de travailleurs, notamment en prolongeant les carrières, est le levier qui contribue le plus à réduire les déficits à venir », affirme Emna Braham, présidente-directrice générale de l'IDQ.

L'IDQ a testé 27 scénarios pour voir ce qui pourrait changer d'ici 2045 en faisant varier trois leviers sur lesquels le gouvernement du Québec peut agir : l'immigration, le taux d'emploi et la productivité. Une hausse du taux d'emploi des personnes déjà présentes au Québec réduirait le déficit projeté en 2045 de 2,1 % à 0,6 % du PIB, en visant notamment une meilleure rétention de la main-d'oeuvre plus expérimentée.

Prolonger les carrières

Concrètement, hausser le taux d'emploi signifie amener davantage de personnes à participer au marché du travail, mais aussi favoriser le maintien en emploi des travailleurs plus expérimentés. Le Québec dispose encore d'une marge de progression à cet égard : 41 % des 60 à 69 ans y occupent un emploi, contre 44 % en Ontario et 47 % en Allemagne, par exemple.

« L'objectif n'est pas de repousser l'âge de la retraite pour tout le monde. Il faut plutôt créer les conditions qui permettent à ceux qui le souhaitent et qui le peuvent de travailler plus longtemps. Vieillir en meilleure santé, adapter les milieux de travail et faciliter la conciliation travail-vie personnelle peuvent faire une réelle différence », explique Emna Braham.

L'immigration contribue aussi à réduire le déficit

Pendant la campagne électorale, le Parti québécois a proposé de fixer à 35 000 le nombre d'admissions permanentes par année. Pour ses simulations, l'IDQ s'est appuyé sur les scénarios démographiques de l'Institut de la statistique du Québec allant de 25 000 à 65 000 admissions par année, plutôt que sur les engagements des partis politiques.

Une immigration plus élevée améliorerait également la trajectoire budgétaire : en 2045, le déficit représenterait 2,8 % du PIB avec 25 000 admissions par année, contre 1,5 % avec 65 000.

C'est qu'une immigration plus élevée entraîne des dépenses publiques supplémentaires, mais elle génère aussi plus de revenus pour l'État. Au final, elle contribue à réduire le déficit.

« Même sans une hausse des seuils, il est aussi possible d'améliorer les résultats économiques de l'immigration. Pour optimiser l'impact des immigrants économiques, la sélection pourrait aller au-delà du diplôme ou de la profession et mieux tenir compte de facteurs qui permettent de prédire les revenus futurs au Québec, notamment l'établissement où la formation a été acquise et la transférabilité des compétences », explique Simon Savard, économiste principal et directeur adjoint à l'IDQ.

Plus de productivité, surtout dans le secteur public

Une économie plus productive est essentielle pour améliorer le niveau de vie et créer de la richesse, et le Québec accuse un retard sur ce plan par rapport au reste du Canada. Les gouvernements disposent de leviers, notamment la fiscalité, la réglementation et le soutien à l'investissement. Selon les simulations de l'IDQ, il n'existe toutefois aucune solution miracle : une hausse de la productivité ne réduit que légèrement le déficit, puisqu'elle entraîne aussi, à terme, des salaires plus élevés et donc des services publics plus coûteux.

L'IDQ souligne également une difficulté de mesure. Comme les services publics ne sont pas vendus à un prix de marché, leur « production » est largement mesurée par leur coût. Dépenser plus peut ainsi passer pour produire plus, sans garantie de services plus nombreux ou de meilleure qualité. Alors que l'efficacité de l'État est au coeur du débat public, le Québec gagnerait à mieux mesurer les services rendus par rapport aux ressources utilisées, à l'image du Royaume-Uni, qui produit des indicateurs de productivité propres aux services publics.

Maintenir l'équilibre au-delà de 2030

Le ralentissement marqué des dépenses prévu au cours des trois prochaines années pourrait aussi créer des besoins de rattrapage après 2030 et accentuer les pressions sur les finances publiques. Il faudra donc profiter de cette période non seulement pour améliorer l'efficacité de l'État dans la prestation de services publics, mais aussi pour renforcer la capacité du Québec à générer des revenus à long terme.

Pour plus d'information

Institut du Québec
3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine, bur. 4.348
Montréal Québec
Canada H3T 2A7
institutduquebec.ca/


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