Sept MRC et municipalités s'associent avec la Fondation Rivières pour déployer Solutions Rivières, une démarche sur trois ans qui consiste à élaborer avec les citoyens et les élus des solutions pérennes d'adaptation des territoires riverains aux inondations et à l'érosion.
Solutions Rivières repose sur l'idée qu'il faut apprendre à vivre avec nos rivières et leurs fluctuations naturelles pour mieux habiter le territoire. Les citoyens qui subissent les conséquences des inondations et de l'érosion seront invités à participer à des ateliers pour conjuguer contraintes, espoirs et solutions concrètes afin de bâtir des stratégies adaptées aux réalités des MRC et municipalités participantes : Victoriaville, Val-David, MRC de Nicolet-Yamaska, MRC de Maskinongé, MRC de Beauce-Centre, MRC de Bonaventure et MRC de Matawinie.
« Les municipalités partenaires s'engagent dans cette démarche novatrice en misant sur la participation citoyenne comme moteur du changement. Nous croyons, à la Fondation Rivières, que les premiers affectés doivent faire partie de la solution », souligne André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières.
« Face aux changements climatiques, nous n'avons pas le choix d'agir. Nous refusons la passivité, mais nous savons qu'aucune solution ne sera durable si elle n'intègre pas la réalité vécue par les citoyens. C'est pourquoi leur implication est absolument essentielle », exprime la préfète et mairesse de Nicolet, Mme Geneviève Dubois.
« Face aux changements climatiques, il y a urgence d'agir. C'est dans nos grandes priorités d'établir un plan d'action climatique, d'associer Val-David à un conseiller scientifique et de créer un comité citoyen en environnement. Nous pensons que l'implication citoyenne est impérative pour trouver des solutions durables, en phase avec la réalité des citoyens », déclare Jean-Claude Rocheleau, maire de Val-David.
« Les changements climatiques nous obligent à agir différemment. La collaboration entre la MRC de Maskinongé et la Fondation Rivières marque une étape importante vers une meilleure adaptation de nos milieux. Les événements des dernières années nous rappellent l'importance de repenser notre relation avec nos cours d'eau. En misant sur la science et la participation citoyenne, nous faisons le choix d'un avenir plus résilient pour notre territoire et nos communautés », mentionne M. Réjean Carle, préfet de la MRC de Maskinongé et maire de Sainte-Ursule.
« Devant les changements climatiques, l'action s'impose et devient source de possibilités. Rester passif serait une erreur dans les circonstances actuelles et la prise en compte de l'expérience citoyenne, par leur réalité vécue, sera assurément bénéfique au projet », déclare M. Éric Dubé, préfet de la MRC de Bonaventure et maire de la ville de New Richmond.
« Cette démarche s'inscrit pleinement dans les orientations de notre plan d'adaptation aux changements climatiques. Nous souhaitons mettre en place des solutions concrètes, fondées sur l'écoute et la prise en compte des réalités vécues par la population », explique Vincent Bourassa, maire de Victoriaville.
« Nos cours d'eau sont reconnus pour leur imprévisibilité et cette réalité s'accentue avec les changements climatiques. Pour relever ce défi, il est essentiel de bien connaître notre territoire afin de développer des solutions porteuses. Ce projet repose sur la concertation et la mobilisation des différents acteurs, car c'est ensemble que nous y arriverons », affirme Marcelle Paradis, directrice générale intérimaire de la MRC de Beauce-Centre.
« Les rives des lacs et des cours d'eau sont des milieux de vie importants en Matawinie. Il va sans dire que les nombreux aléas climatiques ont eu de grands impacts pour les municipalités locales et les citoyens au cours des dernières années. Toutes initiatives visant à améliorer la connaissance du territoire, la prévisibilité des aléas et l'adaptation aux changements climatiques doivent être au cœur de nos priorités d'actions. La MRC de Matawinie est heureuse de s'associer à la Fondation Rivières pour identifier des solutions pérennes d'adaptation aux inondations », déclare Isabelle Perrault, préfet de la MRC de Matawinie.
Un projet qui s'appuie sur la science et l'expérience
Le projet s'appuie sur les espaces de liberté, un mode de gestion intégré issu de la discipline de l'hydrogéomorphologie. L'espace de liberté tient compte des zones d'inondabilité et de mobilité des rivières pour assurer leur bon fonctionnement. Cela permet de réduire l'érosion, les glissements de terrain et les inondations catastrophiques tout en préservant la biodiversité.
« Cette approche est aussi une opportunité pour créer des espaces naturels, des accès aux berges, des parcs, tout en protégeant les riverains, précise Élia Auer, chargée du projet. À ce titre, les Pays-Bas sont une inspiration : ils ont créé le programme Room for the River face à l'insuffisance des digues pour protéger la population et les biens. Ce programme vise à redonner de l'espace aux cours d'eau à travers le pays, en minimisant le réaménagement pour la population, tout en créant de nouveaux espaces récréatifs. »
Les inondations récentes l'ont rappelé avec force : les coûts économiques et sociaux de l'inaction sont immenses. Les 13 et 14 juillet derniers, en moins de deux jours, plus de 120 millions de dollars de pertes ont été rapportés aux assurances dans la seule région de la métropole de Montréal.
Un vaste réseau de partenaires engagés dans l'innovation
Avec Solutions Rivières, la Fondation Rivières met à profit son expertise scientifique et son réseau de partenaires pour accompagner les municipalités dans un processus innovant qui pourra être reproduit ailleurs au Québec. Le projet est financé par le gouvernement du Québec dans le cadre d'Action-Climat Québec, un programme coordonné par le Fonds d'action québécois pour le développement durable et qui découle du Plan pour une économie verte 2030.
Plusieurs partenaires vont contribuer au projet, dont la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec (ROBVQ), l'Association des gestionnaires régionaux des cours d'eau du Québec (AGRCQ), l'Association des aménagistes régionaux du Québec (AARQ), des représentants du Ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) et des experts scientifiques.
« Lorsque les personnes qui habitent le territoire partagent leur expérience, quelque chose de singulier ressort : une compréhension fine des milieux et des écosystèmes, de leurs forces et de leurs fragilités. Cette contribution enrichit durablement nos analyses et nos projets », affirme Mathieu Madison, président du ROBVQ.
Le financement des solutions d'adaptation est un enjeu pour toutes les municipalités et la SNAP Québec mènera une réflexion sur des mesures d'écofiscalité.
« Les municipalités québécoises sont à la recherche d'outils pour leur permettre d'agir plus efficacement en matière d'adaptation aux changements climatiques et de protection de la biodiversité. Des mesures d'écofiscalité appliquées aux espaces de liberté des rivières ont le potentiel de répondre à ce besoin d'une manière innovante », souligne Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la SNAP Québec.
Les solutions développées par le projet vont aussi permettre d'améliorer la biodiversité des berges.
Pour en apprendre davantage sur la démarche et le projet, veuillez consulter le www.solutionsrivieres.org.










