La théorie économique suppose que les salaires sont le reflet de la productivité. Or, les données démontrent l'existence d'écarts salariaux persistants liés au sexe et au statut d'immigration. Afin d'isoler ces disparités, nous analysons ici les données de l'Enquête sur la population active de 2025 en tenant compte de 15 caractéristiques des travailleuses et des travailleurs, telles que le niveau d'études, l'ancienneté, l'âge ou le secteur d'activité, afin de mettre en évidence les écarts résiduels et d'apporter un éclairage plus précis sur la discrimination salariale entre le secteur public et le secteur privé.
Les écarts salariaux liés au sexe et au statut d'immigration persistent au Canada. Le secteur public demeure un milieu de travail plus équitable pour les femmes et les Néo-Canadiens : les écarts salariaux y subsistent, mais ils sont nettement moins marqués qu'au sein du secteur privé. Cette analyse ne montre toutefois nulle part que les femmes sont mieux rémunérées que les hommes à des fonctions équivalentes, ni que les immigrants sont mieux rémunérés que leurs homologues nés au Canada. En revanche, l'écart salarial est moins marqué dans le secteur public.
L'écart salarial le plus faible entre les hommes et les femmes du secteur public se situe dans le domaine des soins de santé et de l'assistance sociale. L'écart le plus marqué se trouve dans le domaine de l'éducation. Mais aucun de ces écarts n'est aussi important que celui qui existe entre les salaires des hommes et des femmes dans le secteur privé, toutes industries confondues.
Pour 2025, le salaire des femmes du secteur public dépasse de 4,9 % celui des femmes du secteur privé ayant des caractéristiques équivalentes. Les hommes du secteur public et du secteur privé ont une rémunération nettement supérieure à celle des femmes du secteur privé, avec respectivement 10,2 % et 9 % de plus, toujours pour des caractéristiques équivalentes. L'écart salarial de cinq points de pourcentage entre le public et le privé pour des femmes aux caractéristiques équivalentes confirme que la rémunération est plus avantageuse dans le secteur public, où les femmes sont moins victimes de discrimination salariale.













