Deux ans après la publication de son rapport historique sur les campements de personnes en situation d'itinérance, la défenseure fédérale du logement continue d'exhorter tous les ordres de gouvernement à faire davantage pour résoudre la crise des droits de la personne dans les campements de personnes en situation d'itinérance au Canada.
Le nombre de personnes en situation d'itinérance au Canada continue d'augmenter. Selon les statistiques, le nombre de personnes vivant hors refuge a plus que doublé au cours des dernières années - une augmentation de 107 % entre 2020-2022 et 2024. Rien qu'en Ontario, un rapport publié en janvier (en anglais) par l'Association des municipalités de l'Ontario a recensé 85 000 personnes en situation d'itinérance dans la province en 2025. Dans ces statistiques, il y a encore une nette surreprésentation des membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis.
Les tragédies et les pertes mettent en évidence le coût humain de ces statistiques. En janvier, une femme de 38 ans de la Première Nation de Wiikwemkoong, mère de trois enfants, a été retrouvée morte dans une tente incendiée à Sudbury. Plus de 100 personnes en situation d'itinérance au Nouveau-Brunswick sont décédées en 2025, et la Ville de Toronto a enregistré 59 décès en 2025. Encore plus inquiétant : on ne connaît pas l'ampleur réelle de cette crise parce qu'on ne compile pas de statistiques nationales sur les décès de personnes en situation d'itinérance.
Ces tragédies sont évitables. Cette situation préoccupante reflète un manque continu de logements abordables, des mesures de soutien inadéquates pour les personnes ayant des besoins complexes et le manque de services essentiels d'importance vitale pour les personnes vivant dans des campements.
Le 3 mars, la défenseure fédérale du logement renouvelle son appel à tous les gouvernements pour qu'ils intègrent une approche fondée sur les droits de la personne dans leurs réponses à l'itinérance et aux campements. Cette obligation est énoncée dans la Loi sur la stratégie nationale sur le logement et dans la Loi sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
En particulier, le gouvernement fédéral doit faire preuve de leadership et assurer des investissements permanents pour appuyer ce travail, étant donné la perte de financement qui risque de se produire lorsque l'Initiative de lutte contre l'itinérance hors refuge et les campements prendra fin en mars 2026.
Les appels à l'action renouvelés par la défenseure fédérale du logement soulignent la nécessité de donner la priorité aux mesures suivantes :
- des investissements fédéraux à long terme et leadership pour mener des réponses aux campements fondées sur les droits de la personne
- une consultation significative des peuples autochtones et investissement dans la prévention et la réduction de l'itinérance chez les Autochtones
- un engagement significatif avec les personnes vivant dans des campements
- la fin des expulsions forcées des campements et de la criminalisation de l'itinérance
Formulés initialement en 2024 dans le rapport de la défenseure, ces appels à l'action renouvelés s'appuient sur les travaux et les prises de contact qui ont eu lieu depuis, y compris ce qu'elle a entendu comme étant des enjeux cruciaux de la part de municipalités, de personnes qui vivent dans des campements, de prestataires de services et d'organisations qui représentent des Autochtones.
Tous les ordres de gouvernement doivent continuer à proposer des solutions pour régler la crise de l'itinérance et des campements et fournir des ressources pour veiller à ce que les personnes vivant dans les campements puissent vivre en sécurité et dans la dignité.
Deux ans plus tard, des interventions urgentes et coordonnées par tous les gouvernements demeurent tout aussi nécessaires aujourd'hui qu'au moment de la publication de ce rapport. Tous les ordres de gouvernement doivent faire davantage pour s'attaquer aux facteurs systémiques qui poussent davantage de personnes dans l'itinérance.
Citation
« La crise des droits de la personne que subissent les personnes vivant dans des campements s'est aggravée. Le financement à court terme et les interventions fondées sur l'application de la loi ne règlent rien.
Les gouvernements doivent agir de façon urgente et coordonnée, guidés par le respect des droits de la personne, la dignité et les réalités vécues par les personnes en situation d'itinérance, particulièrement les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis. »
Marie-Josée Houle, défenseure fédérale du logement
Faits en bref
- Selon l'enquête sur l'itinérance intitulée Tout le monde compte 2024, l'itinérance dans les refuges a augmenté de 71 % dans les 74 collectivités participantes par rapport au dénombrement précédent (2020-2022). Le nombre de personnes en situation d'itinérance hors refuge a augmenté de 107 %.
- Rien qu'en Ontario, 85 000 personnes sont en situation d'itinérance dans la province selon un rapport de l'Association des municipalités de l'Ontario (en anglais).
- Les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis continuent d'être nettement surreprésentés dans ces statistiques.
Liens connexes
- Nouveau rapport : Le financement fédéral réservé aux réponses aux campements fondées sur les droits de la personne doit être pérennisé
- Respect de la dignité et les droits de la personne : Examen des campements de personnes en situation d'itinérance de la défenseure fédérale du logement
- Guide pour un engagement significatif et l'intégration d'une approche fondée sur les droits de la personne dans les réponses aux campements - Fiche d'information
Annexe : Document d'information













